Le prophète, l'amour et l'art d'aimer

 



Inspiré par Khalil Gibran 


I) L'art d'aimer, la source de l'amour


    Avant d'être en capacité d'aimer autrui, l'homme se doit d'être en capacité de s'aimer dans son entièreté. Il doit se voir, entier et dans ses contradictions. S'aimer n'est pas mettre au second plan ce qui nous est externe. S'aimer c'est surtout cesser de se trahir. Celui qui ne s'aime pas vit séparé de lui même. En exil de lui même il part à la recherche d'attention extérieur, de l'amour, de l'approbation et d'une présence externe. L'amour ne peut toutefois pas pousser sur une terre aride dénué de quoi la faire croitre.  

    S'aimer, c'est avant tout dire non quand le oui constituerait un mensonge, un désaveu de soi. C'est accepter des phases de solitudes, et transformer cette solitude comme un sanctuaire, un lieu sur pour soi. Un lieu par lequel doit transiter toutes nos réflexions, nos doutes, nos peurs ou nos certitudes. Ce lieu est extrêmement important car nul ne peut offrir une demeure à autrui s'il est sans maison intérieure. 





II) L'art d'aimer les autres, aimer depuis son for intérieur


    Aimer l'autre sans amour propre n'est pas aimer : c'est s'attacher, absorber et quémander l'énergie de l'autre. L'amour vrai ne cherche pas à être comblé, il déborde. L'amour d'un homme aligné avec lui même devient clair, il ne quémande pas, ne contrôle pas et ne se sacrifie pas pour être choisis car il se choisit avant tout. Il aime depuis un centre défini. Aimer ne devient plus une fusion mais la rencontre de deux êtres  souverains qui se reconnaissent et résonnent ensemble sans se posséder. Deux feux se réchauffant sans se consumer. 

L'amour juste ne dit pas : "J'ai besoin de toi pour vitre" 

Mais plutôt : "Je suis moi et je te choisis" 

Dans ce choix, l'amour est lent, choisis, amovible sans que l'autre ne soit un remède mais plutôt un mystère accueilli. 

Cet amour sait accueillir la distance, le silence et partir surtout si le temple et l'axe intérieur est menacé. Il habite chaque instant avec une intention pure et honnête. Il fini par en devenir mystique. 

Il regarde l'autre dans son entièreté car il s'est lui même vu dans son entièreté. Lorsque deux individus se rencontrent dans un tel espace, il ne se promettent pas l'amour éternel mais une réciprocité et un amour sans borne. 



Conclusion 


    L'amour n'est pas un élan aveugle mais un véritable art. Exigeant, silencieux et profondément sacré. Celui qui apprend à s'aimer devient un lieu de paix. Son propre lieu de paix ainsi qu'un lieu sain pour les autres. Peut etre est ce aussi cela la plus haute forme d'amour. Etre un espace ou l'autre peut respirer sans se perdre et ou on demeure soi sans pour autant se fermer. 




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