Le jeune prince amouraché : la lune pourpre
Dans un royaume dans lequel les hommes avaient oublié comment aimer, la nuit était tombé et la lune ensanglantée s'était levé.
Un silence pesant avait remplacé les promesses tandis que les regards vitreux n'étaient plus que des reflets vides, dénué de toute émotion.
Sur cette terre aride, il n'y avait pas d'amour, enfin pas vraiment.
L'amour fut remplacé par un vaste simulacre aux attachements poreux, basé sur le regard d'autrui, la peur du rejet et l'émergence de la vérité.
Au sommet d'une colline pourpre au bruit des lucioles dorées, un jeune homme était assis, en contemplation devant la lune rougeâtre.
La foret pourpre aux couleurs de l'intensité et de l'amour ainsi que les lucioles à la lumière douce apaisaient son cœur.
Cette lune, trop rouge pour être réelle, trop rouge pour être parfaite.
Cette lune si parfaite faisait croire aux hommes que quelque chose d'irréelle existait encore.
Mais le jeune homme lui savait la vérité.
Elle n'était pas un symbole d'espoir mais une illusion.
Une illusion, un mirage suspendu aux cieux que tout le monde avait accepté mais pas lui...
La lune avait remplacé l'amour, les hommes ne souhaitaient plus être avenant et chevaleresque et avaient troqué l'amour véritable pour un confort factice, plus simple, plus accessible et moins réelle.
Le jeune prince lui, voyait la vérité et refusait le pouvoir de la lune. Il ressentait encore, beaucoup trop et était incapable de ne pas abreuver cette envie d'amour et de passion.
Il voyait ce que les autres refusaient de voir.
Il comprenait la volonté de la lune qui n'éclairait pas, mais endormait.
Elle protégeait les hommes de l'amour véritable, de la peine, de la souffrance et de l'évolution.
Elle avait compris qu'en suspendant la souffrance, l'amour resterait paisible et confortable mais sans la réalité de l'amour, le sentiment ne transforme pas.
Cet amour sans profondeur, sans risque ni vérité demeure éternel, mais vide.
La brise se leva et fit vaciller les lanternes, comme un signe annonçant une pénombre naissante et la volonté de la lune d'ensevelir le jeune prince de son amour forcé.
Pour le jeune prince, chercher l'amour, c'était refusé les illusions.
Refuser l'illusion, c'était accepter la solitude. Une solitude que peu pourraient soutenir.
Il n'était toutefois pas venu pour abandonner, il se leva non pour suivre la lune mais la défier.
Dans un monde sans amour véritable dans ce royaume, il ne le chercherait pas, mais le créerait.
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